La différence entre les âmes selon DESCARTES!

Posté par picom le 15 octobre 2011

Grâce à Descartes, ce n’est plus la religion qui dicte à l’homme ce qu’il doit penser, mais l’homme lui-même, sa pensée, le «je pense». Il place donc la personne humaine au centre de son système et il l’étudie par la méthode rationnelle, applicable à tous les domaines de la connaissance.

 

Il me semble que la différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes; au lieu que les autres ont des raisonnements si forts et si puissants que, bien qu’elles aient aussi des passions, et même souvent de plus violentes que celles du commun, leur raison demeure néanmoins toujours la maîtresse, et fait que les affections mêmes leur servent, et contribuent à la parfaite félicité dont elles jouissent dès cette vie. (…) Ainsi, ressentant de la douleur en leur corps, elles s’exercent à la supporter patiemment, et cette épreuve qu’elles font de leur force, leur est agréable, ainsi voyant leurs amis en quelque grande affliction, elles compatissent à leur mal, et font tout leur possible pour les en délivrer, et ne craignent pas même de s’exposer à la mort pour ce sujet, s’il en est besoin. Mais, cependant, le témoignage que leur donne leur conscience, de ce qu’elles s’acquittent en cela de leur devoir, et font une action louable et vertueuse, les rend plus heureuses, que toute la tristesse, que leur donne la compassion, ne les afflige. Et enfin, comme les plus grandes prospérités de la fortune ne les enivrent jamais, et ne les rendent point plus insolentes, aussi les plus grandes adversités ne les peuvent abattre ni rendre si tristes, que le corps, auquel elles sont jointes, en devienne malade.

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La liberté!

Posté par picom le 15 octobre 2011

Il est dans nos habitudes de concevoir la liberté comme une revendication contre toutes les formes de contraintes. Nous pensons qu’il n’y a de liberté que lorsque disparaît toute gène ou empêchement. Être libre, c’est avoir les coudées franches ! la liberté ne nous est donnée que contre toutes les résistances. La liberté s’exprimerait alors par une lutte contre ce qui la restreint : contre les importuns, contre l’Etat, contre les règles sociale etc.

Seulement, si la liberté c’est seulement une forme de révolte, alors il nous faudrait trouver l’isolement absolu pour l’atteindre. Nous vivons en société dans des règles, sous des lois que l’on peut estimer contraignantes. Du coup, l’Etat, garant de la loi, peut lui-même sembler par nature fait pour opprimer la liberté.

Mais n’est il pas dans la nature de l’institution politique de rendre possible la liberté civile plutôt que de l’opprimer ? La liberté politique serait-elle possible sans un État pour la défendre?

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A. L’homme libre et le citoyen

Dans la culture occidentale, la liberté a d’abord été pensée dans l’opposition du statut politique de l’homme libre au statut de l’esclave. Qu’est ce qui définit l’esclave ? L’esclave est a) celui qui ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre que lui, le maître. b) L’esclave est celui qui est privé de droit. Aussi sa condition est-elle celle de l’animal domestique, mais il est cependant par nature doué cependant d’assez d’intelligence pour comprendre un ordre. La servitude fait de l’homme une chose utile, « une sorte de propriété animée, et tout homme au service d’autrui est comme un instrument et tient lieu d’instrument ». L’esclave ne diffère de l’animal que parce qu’il est doué de raison. Il est capable de comprendre un ordre, il est potentiellement un homme libre ; c’est la destinée qui l’a placé dans une condition de servitude. Cependant, il ne faut pas oublier que cette définition d’Aristote répond à une condition historique dans laquelle les hommes ne possédaient pas de technique. Avec les machines la situation est différente. « Si les navettes tissaient d’elles-mêmes,… La liberté! dans un conseil! esclaenchaineni les chefs d’artisans n’auraient besoin d’ouvriers, ni les maîtres d’esclaves ». Dans un monde où la technique nous délivre des tâches les plus pénibles et où l’économie rend possible une répartition de la richesse, il peut n’y a voir que des hommes libres, c’est-à-dire des hommes qui s’appartiennent à eux même et disposent de droits. Telle est la condition du citoyen.  Il n’y a de condition du citoyen que dans un État digne de ce nom.

Le citoyen est celui qui commande en un sens et aussi celui qui obéit. Il commande en exerçant son droit dans les assemblées des citoyens, en participant à la vie publique. Le citoyen doit exercer un pouvoir législatif et judiciaire. Nous dirions aujourd’hui qu’il est normal que l’on demande au citoyen de siéger comme juré au tribunal, comme il est nécessaire que ce soit lui qui élise les députés chargés de faire la loi. Il obéit en respectant le droit qui résulte des décisions communes. C’est en ce sens que l’on admettait dans l’antiquité qu’il n’y avait de droits et de devoirs que de l’homme libre. Il est vrai que la Cité grecque étaient de dimension très modeste. Il devait être possible d’en faire le tour du regard à partir du point le plus haut du territoire. L’État moderne est en comparaison gigantesque, il comporte une population beaucoup plus nombreuse. Les grecs se demandaient si tous les hommes libres pouvaient avoir l’attribution de citoyen ou seulement quelques uns d’entre eux, les meilleurs. Dans nos démocraties modernes, il n’est plus possible de distinguer la liberté de l’homme de sa qualité de citoyen. Tout homme libre, membre d’un état, est un citoyen. Il n’y a de privation de droits civiques que dans le cas d’une infraction grave à la loi .

La citoyenneté se définit à partir de la liberté des hommes dans l’État. Elle n’implique par n’importe quelle définition de la liberté. Il faut distinguer la licence, la liberté naturelle, qui est indépendance sans loi et la responsabilité de la liberté civile.  Rousseau écrit : « Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d’autres, et cela ne s’appelle pas un état libre ». La liberté du citoyen se définit pas le respect de la liberté de l’autre citoyen et le souci constant du bien de tous. Aussi Rousseau ajoute : « la liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre ». La liberté perdrait tout signification, si elle impliquait non pas un rapport de droit entres les hommes, mais des rapports de force. La liberté naturelle, au sens du « je peux faire ce que je veux », peut détruire et finir par nier la liberté elle-même. La liberté que je me donne, je dois aussi pouvoir la prêter à autrui. la liberté civile se maintient dans le respect de l’autre.

Or, comment dans la pratique se trouve fixé ce respect ? Par la limite posée par la loi. La loi trace la limite théorique par laquelle le citoyen est supposé ne pas nuire à autrui et ne pas porter tort à l’intérêt de tous. Sans cette limite, comprise dans la définition du citoyen, on ne voit pas comment la liberté serait elle-même pensable. Aussi faut-il admettre qu’il «  n’y a point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au dessus des Lois ».  S’il advenait qu’un peuple soit dominé par un pouvoir qui se placerait au dessus des lois, il y perdrait du même coup sa liberté. Apparaîtrait alors un dominant imposant la servitude et un dominé consentant à la servitude. Même si un peuple se donne à travers ses institutions des lois, des règles, cela ne veut pas dire que pour autant il doit y perdre toute liberté. La liberte dans un conseil!loi n’implique ni soumission, ni dépendance. La loi implique la libre responsabilité de chacun dans l’État. « L’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, mais pas de maîtres ».

Il y a une différence considérable entre l’autorité reconnue et légitime du pouvoir qui émane de la volonté générale et l’autorité du tyran qui ne s’impose que par la force. Ainsi, pour comprendre comment la liberté politique est aliéné, il faut reconnaître ce qu’est l’usage de la force. 

B. La liberté opprimée

Mais cette situation se produit pourtant trop souvent dans l’Histoire. Le pouvoir tyrannique est celui qui finit par remplacer l’obligation que chaque citoyen a vis-à-vis des règles de droit, par une contrainte par force. Aussi le citoyen se trouve parfois placé dans une situation où il ne fait qu’obéir sans commander.

    Quand cette contrainte vient du pouvoir politique, nous parlons de despotisme, de tyrannie, de dictature et de régime totalitaire. Le despotisme est un pouvoir excessivement étendu et confié à un souverain, au dépend du peuple. La tyrannie est un despotisme violent et cruel, qui s’impose par la terreur. Une dictature est un régime politique qui s’instaure à la faveur d’un putsch miliaire, en renversant un régime plus modéré. Un régime est totalitaire quand la diversité des opinions y est interdite, et que règne une sensée unique, l’idéologie du régime, qu’une seul parti possède un pouvoir total à tous les étages de l’État.

    Considérons la privation de liberté qu’engendre la tyrannie. La tyrannie ne repose pas, comme le dit La Boétie, dans le Discours sur la Servitude volontaire, sur la seule force militaire. Ce ne sont pas la milice et l’armée qui font la tyrannie. Le tyran impose une domination de la force dans une hiérarchie de la domination par la contrainte. Entre lui et le peuple, il y a ses comparses et toute une distribution de la domination. Il ne suffit pas à cet égard de dire que le tyran s’impose par la force à un peuple qui se soumet, comme si la responsabilité de la tyrannie ne concernait que la conscience d’un individu et pas la conscience collective du peuple. Qu’est-ce qui défend le tyran ?

« Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, ce ne sont pas les compagnies de gens à pied, ce ne sont pas les armes qui défendent le tyran ». Il ne faut que peu d’hommes pour réduire un pays en servitude, cinq ou six, aux côtés du tyran suffisent, si le peuple se laisse soumettre et abdique devant la force. Ce qui est terrible, c’est que le consentement à la servitude tyraniese situe dans la conscience d’un peuple. C’est ce consentement qui invite l’autorité tyrannique. Si la conscience du peuple est incohérente, déchirée en factions, si les hommes sont dans une situation d’insécurité et de crainte, que se passe-t-il ?

Ils applaudissent quand vient leur parler celui qui promet, de façon musclée, de « rétablir l’ordre ». Pour mettre fin à l’insécurité et au désordre, le peuple invite celui qui se présente comme le champion du nouvel ordre. A la faveur d’un putsch qui renverse un pouvoir devenu faible, à l’anarchie de la décomposition du pouvoir succède la dictature militaire. Si la conscience collective d’un peuple restait cohérente, elle n’inviterait pas l’oppression, mais se réglerait elle-même, dans le fonctionnement de ses institutions. Le tyran justifie l’usage de la force par l’existence du désordre, d’un situation d’exception à laquelle il faut porter remède. Il suffit de relire l’histoire pour examiner à la faveur de quoi se sont installés des régimes autoritaires. N’avons nous pas eu un Napoléon, à la suite du régime de la Terreur qui a suivi la révolution française ? N’est-ce pas la corruption du régime du Sha d’Iran qui a invité l’arrivée au pouvoir des extrémistes musulmans ? (texte)

Aussi, « plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on les fournit, plus on les gorge ; ils se fortifient d’autant et sont toujours mieux disposés à anéantir et à détruire tout ; mais si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point ; sans combattre, sans le frapper, ils demeurent nus et défait ».

icon_scissors—————Le peuple doit retirer son consentement à la tyrannie, se délivrer de cet état d’hypnose devant la force qu’inspire le tyran. Un peuple qui refuse de servir brise aussitôt ses liens. « C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse ».

C’est là une grave prise de conscience. Il est bien plus facile de reporter sur l’autre la responsabilité de l’oppression pour s’en disculper. D’une certaine manière, le gouvernement est le miroir de la nation. Il reflète la conscience de la nation et cela non seulement en droit- ce qui est l’essence même de sa légitimité – mais aussi en fait. C’est difficile à dire, mais on a aussi le gouvernement que l’on mérite ! Si la conscience du peuple était suffisamment cohérente, éduquée et mûre, si la responsabilité politique n’était pas prise pour un vain mot, nous n’aurions pas de despotisme. Il faut donc apprendre à se libérer de l’oppression, apprendre à assumer la liberté sans plus jamais y renoncer dans la soumission à une forme quelconque de tyrannie. Il n’est pas rationnel d’admettre qu’un peuple puisse se soumettre à une autorité tyrannique.  Un peuple ne peut pas raisonnablement se soumettre à la force quand elle est dépourvue de toute légitimité.

Cependant, la question est complexe, car la liberté du citoyen dans l’État est menacée 1) par l’abus du pouvoir de l’État, elle peut-être aussi remise en cause 2) par les prérogatives abusives des groupes de pressions dans l’État et 3) l’empiétement d’une volonté individuelle par rapport à une autre. Il est assez simpliste de parler de limitation de la liberté seulement dans la relation du citoyen à l’État, quand au quotidien on vit dans un milieu où des pressions considérables s’exerce sur les hommes qui aliènent leur liberté. Comment donc définir la liberté individuelle dans ce contexte ?

C. La liberté politique et liberté de pensée

La liberté demande une maturité de la conscience d’un peuple pour qu’il devienne pleinement capable d’en user. La liberté suppose la pleine responsabilité des citoyens. Mais cela pose aussitôt un problème, car que veut dire être mûr pour la liberté ? La liberté politique peut-elle s’apprendre ? Quand peut-on dire qu’un peuple est mûr pour la liberté ?

Il faut, explique Kant, d’abord avoir été mis dans la liberté pour apprendre la liberté. Ce serait un raisonnement étrange que de décider que les hommes ne seront jamais prêts et qu’ils ont d’abord besoin d’être placé sous tutelle, avant que de pouvoir assumer leur liberté. C’est l’idée selon laquelle « les serfs d’un propriétaire terrien ne sont pas encore mûr pour la liberté ; et de même aussi les hommes ne sont pas mûrs pour la liberté de conscience. Dans une hypothèse de ce genre, la liberté ne se produira jamais, car on ne peut pas mûrir pour la liberté, si l’on n’a pas été mis au préalable en liberté (il faut être libre pour pouvoir se servir utilement de ses forces dans la liberté) ».

Pour celui qui tient en main les rennes du pouvoir, donner la liberté au peuple est un risque à prendre, mais c’est en prenant ce risque que le peuple gagne sa maturité politique, ce qui ne peut que conforter la cohérence de la conscience d’une nation. Pour que l’arbre atteigne son plein développement adulte, il faut qu’il soit délivre des liens qui l’attachent au tuteur. La maturité coïncide avec l’auto-référence, elle suppose la fin d’un état de dépendance.

Dans un premier temps, la liberté accordée invite l’excès. « Les premiers essais en seront sans doute grossiers et liés d’ordinaire à une condition plus pénible et plus dangereuse que lorsque l’on se trouvait encore sous les ordres, mais confié aux soins d’autrui ». Laisser à chaque une liberté iopinion_gndividuelle c’est prendre le risque que les hommes s’adonnent à des entreprises qui peuvent ne pas aller dans le sens des souhaits du pouvoir. L’État ne peut pas exiger que les hommes agissent suivant une règle fixe. Accorder à chacun une liberté d’opinion, c’est inviter la diversité des points de vue, donc la contestation, la critique et même l’extrémisme de quelques uns. L’extrémisme peut se retourner contre la liberté d’opinion, mais c’est un risque à prendre, si l’on veut que du jeu du débats d’idées, naisse une pensée plus claire et plus consciente d’elle-même. Même si nous ne sommes pas d’accord avec ce que pense un homme, nous devons tout faire pour qu’il puisse disposer d’une véritable liberté d’expression. Accorder la liberté de culte, c’est cesser de s’en remettre à une église officielle pour ce qu’il en est de la foi. C’est inviter et tolérer les différences en matière de religion, ce qui peut mener jusqu’aux affrontements. La proclamation de L’édit de Nantes, n’a pas été une facilité, mais un risque. La facilité et la prétendue sécurité aurait consisté à maintenir l’Église de Rome, dans son monopole religieux, mais cela aurait laissé le peuple en situation de dépendance. Il faut bien qu’un jour où l’autre les hommes soient mis devant la diversité des croyances religieuses. Accorder la liberté de la presse c’est accepter l’émergence d’un contre-pouvoir face au pouvoir politique, accepter la pressions des media, c’est devoir accepter que la politique se prive de ses pratiques officieuses, puisque la presse justement se fait fort de révéler au public ce qui se trame d’ordinaire dans les coulisses du pouvoir. Accorder à des peuples le droit de se gouverner eux-mêmes, c’est dans un premier temps encourir les représailles de contre les colonisateurs de la part de ceux qui ne veulent plus se soumettre à une tutelle étrangère. C’est un risque pendant une temps de chaos économique, puisqu’une ancienne colonie qui devient un État doit retrouver un équilibre hors de la dépendance où elle avait été placée.

icon_scissors—————Toute décision politique qui vise à accorder au peuple plus de liberté, peut donc être vue de la part du pouvoir comme concession aventureuse qui comporte des dangers. Mais la conscience d’une peuple doit sortir de l’immaturité où justement la maintenait un pouvoir trop paternaliste. De la part du père de famille, c’est un renoncement que de regarder son fils ou sa fille comme un adulte en cessant d’y voir encore un enfants. Politiquement, le peuple aussi doit aussi être traité en adulte. Cela signifie que nous devons accorder notre confiance à la raison pour qu’elle trouve son chemin dans la liberté. La conscience ne mûrit pas pour la liberté, elle mûrit d’abord dans la liberté. Mais mûrir dans la liberté, c’est en avoir une conscience plus large et une intelligence plus lucide. Cette condition n’est pleinement remplie, que si la conscience en l’homme est pleinement éveillée, que si l’homme dispose d’une véritable liberté de penser. La liberté de penser est un des droits posés par la Déclaration de Droits de l’homme, au même titre que nous posons un droit de réunion, une liberté civile d’action permettant de faire ce qui ne nuit pas à la liberté d’autrui. La liberté de penser est entendue au sens de la possibilité pour chacun d’avoir ses propres opinions sur tous les sujets, sans devoir être inquiété par une quelconque autorité, parce qu’il pense ceci ou cela et n’est pas d’accord notamment avec les vues du pouvoir politique en place. Nous demandons pour chacun dans une démocratie la liberté de penser. Le délit d’opinion est dans un régime totalitaire le contraire de la liberté de pensée, il consiste à pourchasser ceux qui aurait l’injure, ou l’audace de soutenir une opinion qui a été interdite par l’État. En URSS, en Chine on a poursuivi les intellectuels pour leurs opinions dites « bourgeoises » ou « réactionnaires » dès qu’elles s’écartaient de la doctrine du parti et de la propagande officielle. En Iran, la presse est soigneusement muselée. La liberté de penser est alors réduite par la censure du pouvoir.

La contradiction est pourtant là : d’un côté  la liberté de pensée delit_opinionlaisse à chacun le droit de penser ce qu’il veut, mais il est possible d’abuser de ce droit. Ce droit il est fondamental dans notre démocratie. Nous n’avons pas le droit d’obliger qui que ce soit à penser comme nous. Mieux, à la limite ce droit revient à dire : « je suis opposé complètement à vos opinions, mais je me battrai de toute mes forces pour faire en sorte que vous pouviez les exprimer ». Mais il y a le principe et son application, il y a le principe et ses abus. Il est facile de proclamer en l’air que chacun a droit a sa liberté de pensée tout en continuant à regarder d’un mauvais oeil celui qui a des opinions différentes des siennes. On peut en théorie être « pour » la liberté de pensée, mais quel sens cela a-t-il quand le père ne supporte pas que le fils vote de manière différente, qu’il ne suive pas la religion de ses parents ! Quel sens cela a-t-il de prétendre que l’on respecte la liberté de pensée quand on hausse les épaules pour qualifier de « n’importe quoi » toute opinion simplement différente des nôtres . La réalité concrète révèle le plus souvent un conformisme mou (la passivité qui fait que l’on adopte les opinions ambiantes par faiblesse de personnalité) ou diktat autoritaire (le milieu imposant ses règles, ses croyances, ses choix etc. et interdisant toute opinion différente sous peine de mise à l’écart). Il ne faut pas sous-estimer non plus le conditionnement culturel qui nous fait regarder d’un mauvais oeil une pensée étrangère à la nôtre. Pourtant, différent ne veut pas dire absurde.

Le drame c’est aussi d’interpréter la liberté de penser sous une forme irrationnelle, qui se borne par exemple à la seule provocation, histoire de se singulariser devant les autres et de montrer que soi-disant on « pense ». Je suis libre de penser ce que je veux devient alors les imbécillités de comptoir du genre : «moi je te dis que les italiens sont tous des voleurs », « moi je pense que l’on devrait chasser tous les arabes », « moi je te dis que l’on devrait guillotiner les pédophiles sans aucun procès »… Celui qui veut ainsi se distinguer le fait en affichant une opinion qu’il sait scandaleuse et il prétend « penser » davantage parce qu’il tourne en dérision les valeurs admises. Ce qui lui importe, c’est de se faire voir, de se faire remarquer et il obtient une reconnaissance par l’excentricité, par des opinions choquantes.

En pratique, notre liberté d’opinion rencontre des limites qui contribuent à la former, penser n’importe quoi est peut-être possible, mais faire la propagande de n’importe quelle opinion ne l’est pas. Nous ne pouvons pas penser d’importe quoi. Il y a limitation dans l’opinion par :

1) les limitations langagières. Nous ne pouvons penser que ce que nous pouvons exprimer dans notre langage. Une maîtrise rudimentaire de la langue ne laisse d’ouverture que limitée à la pensée. « N’importe quoi » veut dire ici : confus, dépourvu de sens, faute d’expression compréhensible.

2) les limitations logiques. Le cercle carré, cela ne veut rien dire. C’est une formule contradictoire. Il y a des raisonnements qui se contredisent et s’auto-détruisent. « n’importe quoi » peut vouloir dire « qui ne tient pas debout », contradictoire, dépourvu de tout bon sens.

3) les limitations morales. Nous ne devrions pas formuler des opinions qui portent atteintes à la dignité de la personne humaine. « N’importe quoi » voudrait alors dire : qui ne tient aucun compte du respect des autres.

icon_scissors—————4) Limitations juridiques. Le révisionnisme qui se permet de nier l’existence des massacre dans les chambres à gaz est un délit. C’est une insulte à la mémoire collective que de soutenir des opinions qui vont en contradictions avec des faits qui ont été aussi horribles. La loi peut fixer un cadre dans lequel la propagande d’idées racistes ou révisionnistes, la propagande pour le suicide se voit sanctionnée. « N’importe quoi » veut dire alors, qui va à l’encontre de la loi qui se doit de protéger les personnes. La propagande pour le suicide, l’incitation directe à la violence tombent sous le coup de la loi.

5) limitations scientifiques. Dans le domaine des sciences exactes, certains éléments du savoir ne souffrent guère contestation : ce sont les définitions admises en mathématiques, les calculs qui en résultent, les propriétés des objets mathématiques. On peut toujours penser ce que l’on veut, mais les trois angles du triangle feront toujours 180° dans la géométrie d’Euclide. La racine carrée de 4 n’est pas 3. Dire le contraire voudrait dire ne pas comprendre la nécessité logique qui nous conduit à ces types de vérité. De même pour les propositions qui découlent de la structure de notre savoir actuel en physique et en biologie. On ne peut pas penser n’importe quoi dans ces domaines. Il faut que toute théorie nouvelle fasses ses preuves et tienne compte du savoir établi. Même si la Bible soutenait que la terre est plate, l’astronomie montre qu’elle est ronde.

6) Limitation posée par la reconnaissance de la vérité. Nous ne pouvons pas nous permettre de penser contre la réalité. Ce serait s’enfermer dans des illusions.

Il ne s’agit pas d’aller mettre un gendarme dans l’esprit de chacun. Personne ne peut contrôler ce que nous pensons en tant que notre pensée est seulement une représentation intérieure. On ne va pas légiférer sur le fantasme et le rêve. Il faut se placer sur le terrain de la vie commune, de la République des personnes. Pour que la liberté de pensée ait tout son sens, il faut tout de même que cela soit de la pensée et justement pas n’importe quoi. La République des esprits admet et même doit encourager la pluralité des vues, surtout dans les domaines où règne l’opinion et où nous n’avons pas de science sûre : le choix de l’action, la complexité des évaluations des actes, les croyances, les décisions en politiques etc. La liberté de pensée est le garant de la vitalité d’un État démocratique. L’éducation dans un État a un prix inestimable, pour cette raison qu’elle se doit contribuer à la formation d’une pensée mûrie, d’une jugement sûr, d’un sens de la responsabilité  aigu, comme le dit Scott Peck  dans Le chemin le moins fréquenté, d’un intégrité morale sans faille. Quand la liberté de pensée est assumé dans le sens de la formation de l’autonomie du citoyen, elle est la garantie de la vitalité d’un État démocratique.

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La liberté politique n’est pas l’opposé de la nécessité mais de toute contrainte qui mène à la servitude entrave la liberté individuelle. Elle correspond à un Idéal dont nous souhaitons tous que le progrès de l’Histoire puisse réaliser.

La liberté politique est aussi la condition même du progrès de l’humanité vers un une République où les citoyens vivraient en paix d’une manière harmonieuse et cohérente. La liberté politique présente à la fois la mesure qui permet de juger de la valeur de l’état actuel de nos démocraties et c’est aussi la condition qui permet à nos sociétés de progresser vers plus de liberté.

Cependant, il est clair que la seule définition politique de la liberté ne suffit pas. A côté de la liberté extérieure, il y a place aussi pour la liberté intérieure. Il est bien sûr souhaitable que la liberté politique soit étendue, et étendue à tous les peuples de la terre. Mais, même en vivant dans un État libre, seront-nous intérieurement libre? Quel sens aurait la liberté extérieure, si je transportais dans ma propre pensée mon camp de concentration? Si j’étais complètement esclave et dépendant? Il serait absurde d’opposer la liberté extérieure et la liberté intérieure. Quel intérêt de se sentir intérieurement libre quand on est prisonnier dans un goulag? Il est essentiel que la liberté intérieure modèle la liberté extérieure. Il est important aussi que la liberté extérieure soit présente pour que l’expression de la liberté intérieure soit possible.

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Plus qu’un Visionnaire!

Posté par picom le 15 octobre 2011

Appelé le «  Président du peuple », Thomas Sankara  fut un homme intègre et visionnaire. Luttant contre toutes formes d’oppressions et d’injustices, son rayonnement perdure en Afrique et à travers le Monde. Il voulait tout simplement une Afrique levant la tête, une Afrique fière et reconnue à sa juste valeur. Il incarna la révolution burkinabé du 4 août 1983, mais fut victime d’un coup d’état qui mena Blaise Compaoré au pouvoir.Il changeât le nom de sa patrie autrefois dénommée Haute volta, un nom hérité de la période coloniale, pour lui donner le nom de BURKINA FASO, un nom issue de la tradition africaine et signifiant « pays des hommes intègres ».Cet homme politique panafricaniste et révolutionnaire laisse à l’Afrique un grand héritage politique et identitaire.

 

Thomas SANKARA fut un homme intègre et un dirigeant visionnaire. De part ses œuvres et sa personnalité, cet homme fut, et reste un grand modèle pour la jeunesse africaine.

Promis à un bel avenir

Né à Yako le 21 décembre 1949 en Haute Volta (devenu Burkina Faso depuis 1984). Thomas Isidore Noel Sankara ,dit Thomas Sankara, est le fils de Joseph Sankara ancien combattant ayant participé à la seconde guerre mondiale devenu par la suite infirmier dans la gendarmerie burkinabé, et  de  Marguérite Sankara à qui il aimait poser de nombreuses questions sur ses ancêtres. Issu d’une famille de 14 enfants, le jeune Thomas est un élève brillant. Il opta tout d’abord pour des études de médecine avant de changer d’avis et de choisir un autre uniforme : celui de l’armée.

La carrière militaire de Thomas commence à 19 ans, avant qu’il ne soit envoyé poursuivre sa formation à Madagascar. Là-bas il aura donc l’occasion d’observer de ses propres yeux les soulèvements populaires malgaches contre le régime néocolonial en 1971/1972.

Il retourne en Haute-Volta en 1972, et participera à la guerre contre le Mali de 1974. Il va ensuite en France, puis au Maroc où il rencontre en 1976 Blaise Compaoré. Les deux hommes deviendront rapidement très proches, se considérant comme des « frères ». Les deux hommes formeront avec Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani le ROC ou Rassemblement d’Officiers Communistes qui sera un rassemblement de jeunes officiers voulant changer les choses.

Les débuts en politique

Plus qu'un Visionnaire! dans Thomas Sankara sankaraSuite au renversement du général Laminaza par des officiers d’une génération plus ancienne. Thomas Sankara  est nommé secrétaire d’Etat à l’information sous le régime de Saye ZERBO (1981), il démissionnera le 21 avril 1982 dénonçant la corruption au sommet de l’état et lâcha « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple »

Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d’Etat militaire écarte le groupe putschiste précédent. Toute l’armée est représentée dans le Comité de salut public qui choisit pour président le commandant Jean-Baptiste Ouedraogo, puis nomme Thomas Sankara à la tête du gouvernement.

En quatre mois, de janvier  à mai 1983, le jeune Premier ministre se signale par son langage, mélange inhabituel d’humour et de progressisme, et ses sympathies tiers mondialistes.

Thomas Sankara devient rapidement persona non grata auprès du voisin Félix Houphouët-Boigny et de la Françafrique. Il est arrêté le 17 mai 1983 à l’aube par l’aile la plus conservatrice de l’armée Burkinabé. Cette mise aux arrêts survint peu après une visite de Guy Penne qui fut le conseiller de François Mitterrand. Ainsi de nos jours encore, le lien entre cette arrestation et le visite de Mr Penne reste encore sujet à polémique car les soupçons d’une intervention française restent prépondérants.

La population manifeste son soutien au Premier ministre destitué, les militaires sankaristes se renforcent et, le 4 Aout, investissent Ouagadougou. Ils portent Sankara à la tête du conseil national de la révolution (CNR) aux cotés de Blaise Compaoré, Jean-Baptiste Lingani et Henri Zongo.

Thomas Sankara devient président de la république à 33 ans, suite à cette révolution du 4 Aout 1983.

Son idéologie

C’est lors de son séjour militaire à Madagascar en 1971 que naissent ses idées de « révolution démocratique et populaire ».

Thomas Sankara est désireux de voir l’Afrique et donc son pays s’émanciper, le peuple s’épanouir avec une alimentation abondante, la santé, une éducation, des logements décents, du travail  et des loisirs.

Il manifeste un fort dévouement au peuple et à sa nation, ainsi l’un de ses adages préféré « La patrie ou la mort, nous vaincrons! », qui devint la devise de la jeune république.

Son idéologie était anti-impérialiste. Son « discours d’orientation politique » écrit par Valère Somé l’illustre parfaitement.

Ses actions

Il dénonça le colonialisme et le néo-colonialisme et  défendit le droit des peuples à pouvoir mangé à leur faim, boire à leur soif et à être éduqué.

Dans un pays où la mortalité infantile se fait importante, Thomas Sankara va mettre en place une grande campagne de vaccination (vaccinations commando) pour les enfants.

Mais il va aussi développer l’activité sportive dans les écoles et l’aide à l’autonomie des handicapés.

Pour l’agriculture, une réforme agraire est mise en place en 1983 et en moins de 4 ans le Burkina Faso est devenu alimentairement suffisant.

14937 dans Thomas SankaraUne grande campagne fut mise en place pour réduire la soif en construisant massivement des puits et des retenues d’eau.

La mise en place des « opérations alpha » visant à réduire l’analphabétisme du Burkina Faso porta ses fruits (l’analphabétisme passe pour les hommes de 95% à 80%, et pour les femmes de 99% à 98%)

Afin de lutter contre la désertification de son pays, Thomas Sankara institua la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion et lança une grande campagne de reboisement.

Thomas Sankara va lutter ardemment pour l’émancipation de la femme et le travail des femmes.

Ainsi, il prendra soin de veiller sur les conditions de travail des femmes vivant au Burkina Faso.

Dans ce sens, il nomme plusieurs femmes ministres de son gouvernement comme la Ministre du Budget. L’excision fut interdite et la polygamie fut règlementer.

Le chef de l’état souhaite une véritable indépendance de son pays, celle-ci passe par un refus d’assistanat de l’occident et un maximum d’effort de son pays pour produire ce dont il a besoin. Apparaissent alors les « Faso dan fani » vêtement conçus à partir de matière 100% burkinabé, fait par des burkinabés au Burkina Faso.

Rapidement les fonctionnaires sont priés de s’habiller en « Faso dan fani » sur leur lieu de travail.

Thomas Sankara était très connu pour son franc parlé.

8 mars 1987, Ouagadougou
 » Le pillage colonial a décimé nos forêts sans la moindre pensée réparatrice pour nos lendemains « 

1983, Paris, Conférence Internationale sur l’arbre et la forêt

thomas_sankara2

 » Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu’il a été grand hier et donc, peut-être aujourd’hui et demain. Fonder l’espoir. « 

 » La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néo-colonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes.
Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins.
« 

Août 1984, Conférence de presse –  » Nous n’avons pas compris comment ils [Jonas SAVIMBI de l’Angola et Pieter BOTHA d’Afrique du Sud, pro Apartheid] ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tachée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en portent l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours. « 

Novembre 1986, discours fait à François Mitterrand, en visite à Ouagadougou :
.-  » Parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, nous nous sommes jurés de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre le moindre déni de justice . « 

Source : Rastafusion

Visionnaire Intègre

Le nouveau président s’avère être un visionnaire , il demande l’annulation de la dette des pays africains, dette hérité du colonialisme. Le président Sankara propose aux dirigeants africains de s’unir contre cette dette lors de son discours au sommet de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine)  à Addis-Abeba en Juillet 1987 peu avant sa mort. Cela n’était ni plus ni moins qu’une action altermondialiste, 10 ans avant le développement des mouvements altermondialistes dans le monde.

Le premier Homme du Burkina Faso est un homme intègre ne cachant jamais la vérité à qui que se soit dans chacune de ses prises de parole. Il a un son actif plusieurs discours historique. Ainsi lors de la réception du président français François Mitterrand il n’hésita pas à lui dire que la France devrait rendre des comptes après avoir reçu le président sud-africain Peter Botha meneur du régime de l’Apartheid.

Dans un autre registre toujours en tant que visionnaire, il se préoccupe de l’environnement avec la mise en place d’une lutte contre la coupe abusive de bois au Burkina faso. On mettra en place des zones de délimitation pour couper le bois.

Il sera aussi mis en place des actions contre la divagation des animaux parfois à l’origine de dégâts sur les cultures. On définira des zones pour les animaux et des zones bien précises pour la culture.

sankara.jpegAu niveau des équipements, une  importante vague de construction de chemins de fer est mise en place au Burkina Faso.

Une fois Président de la République, Thomas Sankara vendit toutes les limousines de l’état pour opter pour des Renault 5. Il imposa à ses ministres le même train de vie modeste qu’il s’appliqua à lui même.

Une fin tragique

Les tribunaux populaires de la révolution (TPR) censés juger les contre-révolutionnaires (avec des peines légères) s’avèrent excessifs, de nombreuses personnes étant accusés à tort.

Cela accompagné de l’interdiction du droit de grève et d’une interdiction d’opposition politique (dans cette toute jeune république ayant tout d’abord besoin de stabilité) va provoquer un vif mécontentement chez une grande partie de la population Burkinabé.

C’est dans ce contexte que Thomas Sankara sera trahi lors du coup d’état militaire orchestré par ceux qui ne voulait pas voir le Burkina Faso avancer.

Le 15 Octobre 1987, le président Sankara est en réunion avec son secrétariat dans ses bâtiments et sans guère de protection. Les assaillants, des soldats d’élite de l’armée burkinabé viennent l’abattre.

Ils tuent aussi sept de ses collaborateurs et son infime garde personnelle.

Il sera enterré à la va vite et les circonstances de sa mort restent encore floues. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire. L’absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabé a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies.

En grand homme qu’il était, Thomas Sankara sentait sa fin proche. Mais il refusa de faire couler le sang et de trahir l’amitié qu’il avait avec Blaise Campaoré qui pris le pouvoir après le coup d’ état.

L’héritage de Thomas Sankara

rubon47Sa popularité réside dans les qualités qu’il a déployé au pouvoir, dans son énergie, son intelligence, sa créativité, sa résolution, l’ampleur du travail qu’il était capable d’accomplir, sa capacité à entraîner son entourage et son peuple mais aussi dans son intégrité et sa rigueur
morale. Autant de qualités somme toute très humaines et très réelles. Mais elles sont rares chez un même homme et atteignent rarement la même force.

Parlant à chaque Homme d’égal à égal, chaque prise de parole de Thomas Sankara était pleine d’enseignement.

Il laisse un Burkina Faso plein d’espoir, qui après sa mort sombrera dans la difficulté.

Le capitaine Thomas Sankara qui avait pour objectif de mettre en place des élections et de prôner la réconciliation dans son pays est aujourd’hui un modèle pour la jeunesse africaine. Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au forum social africain de Bamako 2006 et au forum social mondial de Nairobi en 2007.

Depuis le 28 décembre 2005, une avenue de Ouagadougou porte son nom, dans le cadre plus général d’un processus de réhabilitation décrété en 2000 mais bloqué depuis lors. Diverses initiatives visent à rassembler les sankaristes et leurs sympathisants, notamment par le biais d’un comité national d’organisation du vingtième anniversaire de son décès, de célébrer sa mémoire, notamment par des manifestations culturelles, tant au Burkina Faso qu’en divers pays d’implantation de l’immigration burkinabé. En 2007, pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Serme Sankara a pu aller se recueillir sur sa tombe présumée lors des 20es commémorations à Ouagadougou.

Thomas Sankara était un visionnaire et un homme intègre qui fait partie de ces hommes qui ont le don de croire et faire partager leur idéaux aux autres. Il donna tout son énergie, au péril de sa propre vie, à sa patrie, à son continent, et au tiers monde. Car comme il le disait :

 » Tant qu’il y aura l’oppression et l’exploitation, il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle des exploités.
La justice sous la révolution démocratique et populaire sera toujours celle des opprimés et des exploités contre la justice néo-coloniale d’hier, qui était celle des oppresseurs et des exploiteurs.
 »

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Thomas SANKARA

Posté par picom le 15 octobre 2011

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite

pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se

fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend

l’affranchir. Seule la lutte libère… »

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CITATIONS DE THOMAS SANKARA

Posté par picom le 15 octobre 2011

  • Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont eux qui nous ont colonisés.
  • Nous sommes étrangers à la dette, nous ne pouvons donc la payer !
  • La dette ne peut pas être rembourser parce que d’abord si nous ne payons pas, les bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également.
  • La libération de la femme : une exigence du futur !
  • Un homme, si opprimé soit-il, trouve un être à opprimer : sa femme !
  • La vraie émancipation de la femme, c’est celle qui responsabilise la femme !
  • Ni le coran, ni la bible, ni les autres n’ont jamais pu réconcilier le riche et le pauvre !
  • Nous avons besoin d’un peuple convaincu plutôt que d’un peuple vaincu !
  • Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe !
  • Nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité !
  • Comptons sur nos propres forces !
  • Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront !
  • Vivre avec les masses, vaincre avec les masses !
  • Le système néocolonial tremble quand le peuple devenu maître de sa destinée veut rendre sa justice !
  • Les trois luttes : Lutte contre la désertification, les feux de brousse et la divagation des animaux.

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Résistance mentale

Posté par picom le 15 octobre 2011

« Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus-là. Pas de développement en dehors de cette rupture-là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu’il a été grand hier et donc, peut-être aujourd’hui et demain. Fonder l’espoir »

 

 

 

« Notre révolution n’aura de valeur que si, en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabés sont, grâce à elle, un peu plus heureux. Parce qu’ils ont de l’eau saine à boire, parce qu’ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu’ils ont une santé resplendissante, parce qu’ils ont l’éducation, parce qu’ils ont des logements décents, parce qu’ils sont mieux vêtus, parce qu’ils ont droit aux loisirs ; parce qu’ils ont l’occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. (…) La révolution, c’est le bonheur. Sans le bonheur, nous ne pouvons pas parler de succès »

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Thomas Sankara le patriote

Posté par picom le 15 octobre 2011

« J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu ici pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et une même volonté, luttant pour la survie de l’humanité, nous parvenions à chanter en chœur » !

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Portrait d’un homme intègre: Thomas Sankara (1949-1987)

Posté par picom le 14 octobre 2011

Thomas Sankara est né le 21 Décembre 1947 dans une famille de la bourgeoisie moyenne, et très chrétienne, qui souhaitait d’ailleurs qu’il devienne un prêtre.
Il ne l’est pas devenu, mais sa foi chrétienne ne le quittera pas, même lorsqu’il deviendra un marxiste convaincu.

Sa carrière militaire commence à 19 ans, avant qu’il ne soit envoyé poursuivre sa formation à Madagascar. Il aura donc l’occasion d’observer de ses propres yeux les soulèvements populaires contre la néo-colonisation en 1971/1972.
Il retourne en Haute-Volta en 1972, et participera à la guerre contre le Mali de 1974.
Il va ensuite en France, puis au Maroc où il rencontre en 1976 Blaise Compaoré. Les deux hommes deviendront rapidement très proches, se considérant comme des « frères ».

Les deux hommes formeront avec Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani le ROC ou Rassemblement d’Officiers Communistes qui sera un rassemblement de jeunes officiers, durant la présidence de Henri Zerbo.

Thomas Sankara est nommé Secrétaire d’Etat à l’Information en Septembre 1981, et fera sensation en se rendant à vélo à sa première réunion de cabinet. Il démissionnera avec fracas le 21 Avril 1982 pour marquer sa protestation, en s’écriant « malheur à ceux qui veulent baillonner le peuple ».
Le 07 Novembre 1982, un coup d’état place Jean-Baptiste Ouedraogo au pouvoir. Thomas Sankara sera nommé Premier Ministre en Janvier 1983. Après une visite du conseiller aux affaires africaines français, Jean-Christophe Mitterrand, le fils du président français, Thomas Sankara sera placé en résidence surveillée.

Son ami Blaise Compaoré organise un coup d’état le 04 Août 1983, et le place au pouvoir.

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” Discours prononcé à Tenkodogo le 2 octobre 1987

Posté par picom le 14 octobre 2011

“Notre révolution n’aura de valeur que si, en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabés sont, grâce à elle, un peu plus heureux. Parce qu’ils ont de l’eau saine à boire, parce qu’ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu’ils ont une santé resplendissante, parce qu’ils ont l’éducation, parce qu’ils ont des logements décents, parce qu’ils sont mieux vêtus, parce qu’ils ont droit aux loisirs ; parce qu’ils ont l’occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. (…) La révolution, c’est le bonheur. Sans le bonheur, nous ne pouvons pas parler de succès.”

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Granma, La Havane, août 1987.

Posté par picom le 14 octobre 2011

« La démocratie est le peuple avec toutes ses potentialités et sa force. Le bulletin de vote et un appareil électoral ne signifient pas, par eux-mêmes, qu’il existe une démocratie. Ceux qui organisent des élections de temps à autre, et ne se préoccupent du peuple qu’avant chaque acte électoral, n’ont pas un système réellement démocratique. (…) On ne peut concevoir la démocratie sans que le pouvoir, sous toutes ses formes, soit remis entre les mains du peuple ; le pouvoir économique, militaire, politique, le pouvoir social et culturel.”

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